Oji, de son vrai nom Jonas Biancolli, est né en 1989. Rien ne le destinait au dessin : c’est à l’automne 2013, pendant une convalescence, qu’il s’y met de façon presque compulsive, en recopiant des albums de Robert Doisneau. Très vite, le besoin de passer du papier au mur s’impose, et il découvre la bombe aérosol. Autodidacte, il construit son style au fil des murs. En 2015, un séjour de plusieurs mois à New York change sa pratique : il y adopte le pinceau, qui devient son outil de prédilection. Depuis, ses fresques jalonnent Paris et sa banlieue, les festivals d’art urbain en France, et plus récemment la Bretagne, avec une œuvre réalisée au festival Just Paint de Saint-Brieuc en 2026.
Chez Oji, la peinture est d’abord une affaire d’humanité. Ses murs mettent en scène des visages, des regards, des rencontres, souvent porteurs d’un message humaniste. Il a rendu hommage à des figures engagées comme Malcolm X ou Basquiat, peint pour le Secours Populaire, et ses titres parlent d’eux-mêmes : « De l’Ego à l’Égal », « Regardons-nous ! », « Face-à-Face », « À celles qui tiennent les barques ». L’art est aussi pour lui une forme de thérapie, une manière de se reconstruire en construisant du lien avec les autres.
Nourri par la peinture américaine et le design graphique, Oji développe un style figuratif de plus en plus coloré et réaliste, sans jamais sacrifier la poésie. Ses portraits sont expressifs, souvent tendres, parfois espiègles. On y croise des musiciens (Brel, Ferré, un trompettiste, un joueur de flûte), des oiseaux qui reviennent comme un motif familier, et des scènes du quotidien. Chaque œuvre cache un message subliminal, une invitation à regarder plus longtemps.
Pinceau, rouleau ou bombe : Oji choisit l’outil au service de l’image. Il peint en extérieur, sur des murs légaux comme en marge, mais aussi en atelier, où il réalise des dessins et toiles destinés aux collectionneurs. Il a participé à de nombreux événements d’art urbain, parmi lesquels Street Art City, le FestiWall au fil de l’Ourcq, le LaBel Valette Festival ou Just Paint à Saint-Brieuc, et aime collaborer avec d’autres artistes (Théo Haggai, Bast, Yarps…).